Proposition publique d'un débat critique de nos mœurs
Ouvrir un débat sur les difficultés des rencontres, notamment sur le plan affectif et sexuel, sur le manque que beaucoup d'entre nous ressentons réellement, et réellement comme douloureux; douloureux parce que ce manque renvoie à notre singularité, c'est-à-dire à notre impuissance, à un empêchement qui trouve souvent sa cause dans l'âgisme et le beautisme, entre autre sexisme. C'est que nous n'échappons pas aux sirènes du spectacle, et, en cette matière, nous reproduisons des comportements que cependant nous critiquons par ailleurs.
En matière affective et sexuelle, nous ne savons que reproduire le vieux schéma du couple (hétéro comme homo), sans aucune critique réelle c'est-à-dire conséquentes, sans aucune remise en question, et qui va jusqu'à la procréation qui nous fait parents, alors même que la famille est le lieu de bien des aliénations. Nous sommes arrivé au temps de la sublimation du désir sexuel, où la relation se fait système répressif, notamment avec le rapport à la famille, et non ouverture.
Le désir, son expression, n'est pas vécu comme générosité mais comme enfermement et stigmatisation; comme violence, voir comme viol. Aujourd'hui, nous manifestons notre liberté par le refus, contre l'offre. Alors que, justement, ce qui fonde la liberté c'est l'offre, le partage, non le refus systématique et le non-dit que l'on rencontre trop souvent aujourd'hui et qui produisent la division.
Il semble que la liberté sexuelle prônée par Wilhem Reich, et la mort de la famille (car la libération de nos mœurs s'accompagne de la suppression du rapport à la famille, parce que la famille fonctionne comme un système carcéral aux conséquences ravageuses) invoquée par Laing et Cooper, fondateurs de l'anti-psychiatrie, sont loin et oubliées, pour un replis protecteur sur le couple, la procréation, le communautarisme sexuel tel que, notamment certains groupes homosexuels le prône, sinon la solitude affective. Et, sans doute, les années sida et l'époque Dutroux n'y sont pas pour rien. Et le commerce de tout ce qui touche au sexe, florissant aujourd'hui, trahi plus la misère que l'ouverture des esprits, une demande provoquée par la frustration, qu'une curiosité excentrique et la libération de nos mœurs. Et l'amour, dans tout ça ? Et bien, il en prend plein la gueule.
Que l'on soit seul ou en couple. Lorsqu'on est seul, l'amour semble comme un interdit, un inaccessible partage réduit à l'expression d'un manque; et en couple, il finit souvent comme une lourdeur, une tristesse perdu dans la quotidienneté de l'existence sociale, où tâches ménagères et responsabilité familiale s'imposent contre toutes remises en cause possible, contre la jouissance de la vie que suggérait Raoul Vaneigem avec son « Traité du savoir vivre à l'usage des jeunes générations ». La libération de nos mœurs si revendiquée avec 68 semble s'être perdue. Il devient urgent de la retrouver, car nous sommes en train de nous scléroser, de nous rendre malade; sur cette question, nous sommes en train de reconduire la division entres chacun et la division entres les sexes et les divers mœurs que chacun adopte, non en fonction de ses désirs, mais en fonctions de ses angoisses.
Il se fait urgence que cette critique devienne coup de gueule !
G.
Commentaires sur cette page:
Commentaire de AnAr12, 10.12.2009 19:17:38: le pire cé ke les jeunes ojourd'hui on + de points communs avec leurs grands parents k'avec leurs parents dans cette matière !! ils ne jurent que par le trio "abstinence-fidélité-mariage" !! C'est dingue !! |
Commentaire de Nénette, 23.11.2009 22:48:25: texte juste sur le fond comme sur la forme ! Il manque juste une illustration pour égayer tout ça ! |
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